BY LULLA
BERCEUSES LIBERTINES
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Le goût de vivre

- By Lulla -
Haïcul n° 3

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot écrit
Des mots sur ma peau.
- By Lulla -
Haïcul n° 2

Les jeunes filles en fleurs
Poussent sur les terrasses des bars
Et se cueillent en mai.
- By Lulla -
Haïcul n° 1

La brise dans ma jupe,
Comme le soupir d’un amant,
Éteint ma raison.
- By Lulla -
Sortir du droit chemin ?

- By Lulla -
Eyes wide shut

Il n’y a qu’un pas entre Kubrick et lubrique. Entre la culture et le cul. Un pas que le public puritain n’est pas prêt de sauter.
C’est ce que j’ai découvert en tapant « Eyes wide shut » (tag de cinéphile perverse) dans le moteur de recherche de Youporn. Ma démarche suivait une logique intellesexuelle. J’étais persuadée de tomber sur des vidéos d’orgies masquées comme il en est régulièrement organisé aux Chandelles, le cinq étoiles des clubs échangistes parisiens, où les jarretières des jet-setteuses louboutinisées ont l’habitude d’absorber les gouttes de sperme rescapées des animateurs télé en vogue. Bref, mon esprit espiègle espérait à peu près ça :
Envie d’un grain de folie ? Désir de passer incognito ? Sensible au mystère ?
Profitez de la soirée EYES WIDE SHUT aux Chandelles :
Mercredi 21 avril
Enflammez-vous. Vivez les plaisirs des sens autrement.
Voir sans être vu… Sans être reconnu…
Parce que les préparatifs sont excitants, déguisez-vous, parez-vous de masques, loups ou autres artifices.
Pour sa première, les Chandelles offriront un choix d’accessoires.
© Flyer Les Chandelles
Eh bien, mon esprit espiègle a eu raison d’espérer, puisque (surprise !) dans les deux résultats obtenus, l’un répondait à ses attentes, l’autre les surpassait. En effet, l’extrait du long métrage le plus énigmatique et voluptueux de l’histoire du septième art (en tout cas, de la mienne) arrivait en tête, me narguant dangereusement.
Je savais que trouver un petit porno discount chez l’épicier d’en face était chose aisée (étagère du fond, entre le vin et les sauces), mais que les images du génial et feu Stanley Kubrick soient en vente libre dans mon supermarché du vice (rayon central, entre la fessée de Chloé et le blowjob de Jacob)… Primo : ah ah, quelle ironie ! Deusio : nostalgie des seventies !
Oh oui, il est loin le temps de la libération des mœurs en France… Le temps où les cinémas de quartier projetaient les classés X à la séance de minuit, après un Gérard Oury ou un François Truffaut… Le temps où Emmanuelle se pavanait en salles, désinhibée par le leitmotiv du secrétaire d’État à la Culture de l’époque, Michel Guy : « Tous les films doivent pouvoir sortir sans distinction. Je ne me reconnais pas le droit d’interdire à des spectateurs adultes la possibilité de voir les films qu’ils désirent. En 1975, les gens choisissent ce qu’ils veulent voir et je dois les laisser libres. » (Frédéric, qu’est-ce que tu fous ?!)…
De flashback en flashback, j’ai atterri en « 69, année érotique », aux côtés de Serge Gainsbourg chantant le sexe comme personne et ouvrant la voie, sans le savoir, aux futurs samples orgasmiques de Sébastien Tellier, entre autres. Puis je me suis souvenue des « Sucettes » à l’anis d’Annie, qu’elle avait pour quelques pennies. Et du « Comic strip » haut en couleurs de Gainsbarre… Que j’ai aussitôt troqué contre un strip au plumard : la culotte sur les chevilles, les yeux sur l’écran.
Ma souris a fait : « CLIC ! » ; signal de départ de la « CLAC ! » visuelle que j’allais prendre. Une minute quarante-huit de luxure mettant en scène le grand manitou de la Scientologie, Tom Cruise, au milieu de corps lointains et libertins, le tout filmé avec un steadycam intrusif et onirique. « HUM ! » La secte du plaisir mythifiée par la transe musicale de la compositrice Jocelyn Pook. Eyes wide shut. J’ai savouré les pupilles et les cuisses grand ouvertes. « CHUT ! »
À l’approche du « The end », ma chatte a juste chuchoté : « SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ ! ».
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Une chatte une chatte

Vendredi 26 mars à 12 h 20, j’ai fauté. Ne voulant pas déjeuner seule, j’ai allumé mon poste de télévision sur Canal Plus et dégusté un plat de pâtes au beurre devant L’Édition Spéciale. Je me demande encore lequel des deux, du mets ou de l’émission, avait le plus de saveur.
Entre deux bouchées, Anne-Élisabeth Lemoine m’a pourtant informée qu’Amy Winehouse participait à la campagne publicitaire d’une marque d’hygiène intime, Mooncup, qui appelle les femmes du monde entier à révéler le surnom qu’elles donnent à leur vagin via le site suivant : www.loveyourvagina.com. La corrosive chanteuse anglaise a ouvert le bal avec son « My little VaJew-Jew ».
Le choc ! Moi qui croyais, bêtement misandre ou simplement influencée par mon petit copain, que la personnification du sexe était l’apanage des hommes… Une manifestation de leur machisme et de leur ego… Une aide morale signifiant « L’union fait la force. » ou « Plus on est de fous, plus on rit. »… Un prolongement d’eux-mêmes qui, à l’aube de l’orgasme, peut prendre un tour cocasse : « Vas-y XXX, tu y es presque ! » (remplacez les trois X par « Big John », « Zidane », « Godzilla », ou le nickname de votre choix).
Voire, à la rigueur, une private joke pour les apprenties Carrie Bradshaw et autres Alice Pieszecki… Une mode lancée par Sex & the City hier ou par L World aujourd’hui.
Eh bien, non.
La pauvre Barilla qui restait dans mon assiette en plastique a soudain pris la forme d’un point d’interrogation : pourquoi ne pas appeler une chatte une chatte ? Par peur d’accepter le réel ou par envie de le refuser ?
Ni une ni deux, j’ai googlisé mon problème existentiel. Une liste étonnante de liens s’est déroulée sous mes yeux impatients. Du forum de jeux vidéos masculin au blog de mode féminin, ce topic était sur toutes les lèvres (ne pas y voir un mauvais calembour). J’ai même déniché un dessert sur Viedemerde.fr pour couronner mon repas : « Aujourd’hui, ma copine me confie sur l’oreiller le nouveau surnom de mon sexe : “Flamby, car c’est mou quand on veut goûter, et le caramel arrive toujours trop tôt !” VDM ».
Rassasiée, j’en ai conclu qu’à l’ère des pseudos et des jeux de rôles, j’étais une survivante qui accordait trop d’importance aux mots, et pas assez aux masques.
- By Lulla -


